Promouvoir la bientraitance pour contrer la maltraitance

Une vision qui répond aux besoins et aux choix des personnes aînées

Un bilan des appels reçus à la ligne AIDE ABUS AINES de la région du Bas-Saint-Laurent au cours d’une période de 24 mois s’étendant de 2015 à 2017 démontre que la très grande majorité des appels provenait des personnes âgées entre 60 et 90 ans. Ce sont les femmes qui semblaient être le plus souvent victime de maltraitance.  Les appelants étaient 1 fois sur 2 un proche de la présumée victime. L’étude révèle que ces présumées victimes étaient 2 fois sur trois des personnes vivant à domicile.

Alors, pouvons-nous différencier la maltraitance de l’intimidation ?

« Il y a maltraitance quand un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, intentionnelle ou non se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause du tort ou de la détresse à une personne».1 PAM, Gouvernement du Québec, 2017, p.15, adaptée d’une traduction libre d’OMS, 2002.

« Il y a intimidation quand un geste ou une absence de geste ou d’action à caractère singulier ou répétitif, généralement délibéré, se produit de façon directe ou indirecte dans un rapport de force, de pouvoir ou de contrôle entre individus, et que cela est fait dans l’intention de nuire ou de faire du mal à une ou plusieurs personnes aînées »2. Beaulieu, M., Bédard, M.-È. et Leboeuf, R. (2016). L’intimidation envers les personnes aînées : un problème social connexe à la maltraitance? p.52-53.

Aussi, lors de la tenue de l’AGA  de la TCABSL de mai 2019, le but de notre réflexion était de trouver une solution simple mais efficace afin de contrer la maltraitance et l’intimidation au quotidien.  Pourrions-nous opter pour une démarche de BIENTRAITANCE ou connu comme la  BIENVEILLANCE ? 

Sachant que «La bientraitance vise le bien-être, le respect, la dignité, l’épanouissement, l’estime de soi, l’inclusion et la sécurité de la personne, elle s’exprime par des attentions, des attitudes, des actions et des pratiques respectueuses des valeurs, de la culture, des croyances, du parcours de vie, de la singularité, des droits et libertés de la personne aînée ». 3 PAM, Gouvernement du Québec, 2017, p.38.

Alors, pourquoi ne pas implanter la BIENTRAITANCE dans notre quotidien? Voilà, le moment de bâtir, pour toutes les personnes que l’on côtoie, un milieu de vie sain où se partagent des moments de bon voisinage, d’empathie, de convivialité.  Pour y arriver, lors de l’atelier de réflexion menée par Madame Linda Bérubé, coordonnatrice de la politique nationale visant à contrer la maltraitance, au CISSS, on  a d’emblée proposer d’éviter de faire paître ses propres intérêts, ses vieux préjugés, et plutôt chercher à connaître, à comprendre qui est l’autre. Pour les 90 membres de la TCABSL, le temps nous semble opportun de développer une culture de bientraitance. Donc, optons pour une manière d’être, d’agir et de dire, soucieuse de l’autre, réactive à ses besoins et à ses demandes, respectueuse de ses choix et de ses refus.  Dans cette période d’actes de violence incompréhensibles nous, les aînés, mettons-nous à l’œuvre.

— Par Gisèle Hallé, présidente.